La sortie de la nouvelle version du site USA Today, intégrant toute une panoplie de fonctionnalités communautaires web 2.0 a susciter de nombreuses réactions. Les lecteurs habituels la rejettent catégoriquement, tandis que la blogosphère se demande si un journal peut être un réseau social ou si la sortie de cette version est trop tôt, trop 2.0.

Je pense que cette version de USA Today est l'aboutissement d'une très mauvaise gestion du projet de la part de la maîtrise d'ouvrage. Poussé par la crise de la presse quotidienne, le journal américain semble avoir succombé au buzz du web 2.0 et aux sirènes des réseaux sociaux dont les limites sont maintenant bien connues tant pour les sites d'information communautaires que pour le journalisme citoyen. Comme le fait remarquer Cédric Motte : « il est marrant de constater qu'ils ont "imposé" cette nouvelle mise à jour sans réellement consulter ses lecteurs. Ce qui est un joli pied de nez aux services sociaux qu'ils ont mis en place ;o) ». En se focalisant sur la technologie USA Today a fini par oublier l'utilisateur comme Netscape l'a déjà fait et continue a le faire. Ils ont oublié que seul 1 % des utilisateurs participent activement tandis que 90 % ne participent pas du tout. En voulant satisfaire 1 % de leurs utilsateurs ils en ont rejetté 90 %...

Ils ne faut jamais oublier les fondamentaux :

  • Réaliser un site répondant en priorité aux préoccupations principales de 90 % des utilisateurs : obtenir et lire de l'information de qualité.
  • Mettre à la disposition des utilisateurs des outils adaptés aux nouveaux modes de consommation de l'information (annotation, échanges privés, commentaires, etc).
  • Encourager la participation des utilisateurs via une ergonomie incitative, en se rappellant les facteurs de succès des sites web 2.0.
  • Créer une communauté d'utilsateurs passionnés via des outils spécifiques accessibles aux utilisateurs les plus avertis et ne gênant pas les autres utilisateurs (l'erreur faite par USA Today).

À partir de là, tout est permis dans les fonctionnalités communautaires, tant que la limite entre les journalistes et la communauté reste bien distincte. Rien n'empêche ensuite les journalistes de puiser dans la production de la communauté pour extraire de l'information qui sera filtrée, vérifiée, synthétisée et diffusée pour le plus grand nombre.

Le ratage de USA Today particpera sans doute de la descente vers la vallée de la désillusion que le web 2.0 connaît actuellement. Mais est-ce un mal ? Cela accélère le mouvement vers la phase de maturité et laisse le champs libre pour des sites respectueux de son lectorat...

Mise à jour 06/07/2007 : Le ratage USA Today : 4 mois après